"A force de ne pas parler des choses, par élégance, on ne dit rien, et on l'a dans le cul !"

Louis Ferdinand Céline

samedi 30 janvier 2010

Clearstream

Lorsque le Sage montre la pieuvre financière, l'idiot regarde le duel Sarkozy / Villepin

(libre adaptation du proverbe chinois: lorsque le Sage montre la lune, l'idiot regarde le bout du doigt)

Poésie (2)

Poularde Marguerite de Savoie


Faire rissoler pendant cinq minutes dix alouettes dans du beurre brûlant.
Leur ajouter une belle truffe blanche, détaillée en copeaux ; couvrir hermétiquement la casserole et la retirer du feu.
Introduire ensuite alouettes et truffe, pendant qu’elles sont chaudes encore, dans une belle poularde, braiser celle-ci avec moitié fonds de veau, moitié vin blanc de Savoie.
D’autre part; préparer une polenta au lait : l’étaler sur une plaque, en couche de deux centimètres d’épaisseur et laisser refroidir. Détailler ensuite avec un emporte-pièce rond de quatre centimètres de diamètre.
Quelques instants avant de servir, passer ces ronds de polenta dans de la farine; les colorer au beurre clarifié. Les saupoudrer ensuite de Parmesan râpé et les glacer vivement.
Dresser la poularde sur un tampon très bas, en pain frit ; l’entourer avec les ronds de polenta glacés: saucer le fond du plat avec un peu du fond de braisage, lié à l’arrow-root, et envoyer le reste dans une saucière.

- Servir en même temps un légumier de truffes blanches du Piémont, émincées, sautées au beurre et arrosées de quelques cuillerées de glace de viande fondue.

Auguste Escoffier, le Guide Culinaire, Paris 1902

mercredi 27 janvier 2010

Alain Finkielkraut

Tribune publiée dans La vie, le 21 janvier 2010

En lançant la proposition d’une réflexion nationale autour de ce qui nous fait français, Éric Besson, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, a ouvert une série de débats jusqu’à fin janvier. Non dénuée d’arrière-pensées politiques, la proposition mérite qu’on s’y arrête. La Vie y apporte sa contribution. Après Max Gallo (n° 3349), Esther Benbassa (n° 3351), Patrick Lozès (n° 3358), le philosophe livre sa position.

Être français, pour moi, c’est d’abord consentir à un héritage, être le légataire d’une histoire. Voulons-nous la continuer, la reprendre à notre compte ou préférons-nous nous alléger de ce fardeau ? Malheureusement, la tendance actuelle va plutôt vers la désaffiliation. L’identité française s’efface peu à peu au profit d’une société des individus. Une société où chacun fait son marché. Ce n’est plus la mémoire nationale qui forme le monde commun, c’est la télévision. Ce lieu où ceux qu’on appelle les « people » bazardent l’héritage, résilient toute dette et parlent n’importe comment, en y mettant la même application que la classe cultivée d’hier mettait à s’exprimer dans une langue choisie.
Il existe une civilisation française. La question est de savoir si celle-ci a encore une place à l’ère du village global et si nous voulons nous donner les moyens de la perpétuer. Je n’en suis pas sûr. J’entendais l’autre jour, à la radio, Robert Badinter parler de l’identité nationale en évoquant une communauté de culture, de valeur et de destin. Pour faire comprendre ce que signifiait « communauté de culture », il a cité spontanément deux œuvres littéraires : À la recherche du temps perdu et la Princesse de Clèves. En l’écoutant, je pensais à Ernst Curtius, grand philologue allemand de la première moitié du XXe siècle, qui écrivait : « La littérature joue un rôle capital dans la conscience que la France prend d’elle-même et de sa civilisation. Aucune autre nation ne lui accorde une place comparable. Il n’y a qu’en France où la nation entière considère la littérature comme l’expression représentative de sa destinée. »
Dans la même émission, quelques minutes après, un auditeur interpellait Robert Badinter : « Moi, je suis juif d’origine polonaise. Je n’ai jamais lu Proust ni Mme de La Fayette, ma femme qui est auvergnate, non plus, et nous n’en sommes pas moins français. » Cette affirmation m’a profondément déprimé. Elle témoigne d’une révolte du sentiment démocratique contre ce qu’il y a de plus beau dans l’identité nationale, notre culture. « Fier d’être français ! », affirme Robert Badinter. « Fier d’être inculte ! », lui répond cet auditeur qui ne veut pas qu’on lui gâche la vie avec des références écrasantes. Cette prise de position montre bien la volonté d’émancipation actuelle à l’égard du surmoi national. Pourtant, les œuvres littéraires et le passé qu’elles constituent sont pour nous une source d’inspiration et une espèce de défi. Elles ne nous laissent pas tranquilles. Elles exigent de nous que nous les comprenions, que nous soyons à la hauteur de leur intelligence et de leur langue. Mais voilà qui semble insulter, offusquer le sentiment présent d’égalité. Alors, on s’en débarrasse, on se défait d’une identité trop lourde à porter car elle nous oblige. Ce n’est donc pas le contenu de l’identité nationale qui est aujourd’hui en question, mais son existence même : y a-t-il une place en nous pour la reconnaissance de dette ou ne sommes-nous désormais que des clients, des consommateurs, des créanciers du monde ?
Je suis né de parents d’origine polonaise, j’ai bénéficié avec eux d’une naturalisation collective lorsque j’avais 1 an. Je n’ai jamais été rien d’autre que français et en même temps il y a un moment de ma vie où je me suis demandé ce que cela signifiait d’être français. Ce sont les écrivains qui m’ont permis de répondre à cette question. Ronsard, La Fontaine, Nerval, Verlaine, Aragon, Racine et Corneille, Montaigne et Pascal, Diderot, Marivaux, Balzac, Stendhal, Flaubert ou Proust ont pour moi plus d’importance que Robespierre ou Napoléon. Je suis reconnaissant de parler une langue qui me donne immédiatement accès à une littérature aussi variée et aussi belle. Et j’ajoute, de manière plus objective, que les écrivains ont eu en France un rôle déterminant. C’est la raison pour laquelle je suis très inquiet du destin, à mes yeux tragiques, de notre idiome national, qui s’appauvrit chaque jour davantage.
Dans un pays qui accueille un nombre toujours croissant d’étrangers, notre devoir est d’assurer une coexistence harmonieuse entre les uns et les autres. Pour dire les choses plus brutalement, d’éviter le conflit, d’empêcher la guerre civile. À cette fin, la France se doit de ne pas renoncer à elle-même. Dans certaines circonstances, la fidélité n’est pas une attitude passéiste. Elle est un projet d’avenir. Notre civilisation doit pouvoir s’affirmer face à ceux qui la contestent. Et nous ne devons rien céder à la francophobie montante dans notre pays. « Sale Français » est devenu une injure répandue dans les banlieues. On ne peut pas répondre à cela en faisant abstraction, au nom de la diversité et du respect de l’autre, de l’identité française. Ce serait d’ailleurs une entreprise vouée à l’échec que de vouloir intégrer dans une France qui ne s’aime pas, des gens qui n’aiment pas la France. Ne fût-ce que par les nouveaux dispositifs technologiques dans lesquels les enfants sont pris et absorbés dès leur naissance, notre pays est aujourd’hui menacé d’amnésie. Et, face à cette amnésie grandissante, la mémoire est un projet.
Nous avons besoin de la littérature, de ses nuances, des qualités dont elle est porteuse pour mieux voir. La littérature est une éducation de la sensibilité. Notre perception est aussi fonction de notre pouvoir d’énonciation et donc des œuvres que nous avons lues. Nous devrions aujourd’hui changer de paradigme. Notre but ne peut plus être de transformer le monde, mais de le sauver. Le philosophe allemand Hans Jonas parlait d’un passage du « principe espérance » au « principe responsabilité ». Dans la mesure où elle nous éduque à la beauté, la littérature nous donne les moyens, nous ouvre les yeux sur la variété des paysages. Elle peut nous aider, face à l’uniformisation, face au « devenir-banlieue », à épargner le monde ou ce qu’il en reste.
La culture a la vertu de nous vieillir. Plus nous lisons, et plus nous sortons de notre temps. Et l’idéal serait de pouvoir habiter d’autres siècles. « Il faut en finir jeune avec la jeunesse, sinon quel temps perdu », écrivait Philippe Muray. Oui, je crois qu’aujourd’hui l’humanité est de plus en plus jeune. Elle n’est pas assez vieille, pas assez déployée. On parle sans cesse d’émancipation, alors émancipons-nous du présent. Nous avons besoin d’un détour par le passé pour comprendre quelque chose à ce que nous sommes. Si nous voulons embellir le monde, ou à tout le moins éviter qu’il ne s’enlaidisse irrémédiablement, il faut que nous puissions acquérir et transmettre le sens de la beauté. Je ne veux pas me détourner des urgences du présent, mais je ne vois pas comment une politique digne de ce nom, c’est-à-dire une politique qui soit souci du monde, pourrait faire l’économie de la culture et s’affranchir du passé.

La grande peur des ouviers de France qui vivent dans les banlieues

Article de Mireille Popelin, paru sur le site de Riposte Laïque
http://www.ripostelaique.com/La-grande-peur-des-ouvriers-de.html


"Ils sont 12 millions dans le salariat français. Et on fait tout pour qu’ils disparaissent. On n’en parle plus ! la gauche "bobo" dit même qu’ils n’existent plus. La discrimination, eux , ils la subissent : leurs luttes, les "Conti" les Caterpillar etc. qui se battent contre les délocalisations et les "plans " dits sociaux ( le chômage ) ils les mènent souvent seuls. Ce sont eux qui habitent dans ces cités HLM qui subissent la loi des intégristes et des mafieux.
Beaucoup ont quitté ces banlieues devenues invivables. sauf ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter ou de louer ailleurs. Les vieux retraités qui n’ont pas pu partir subissent injures : " sales français, vieilles putes, et 4 m2 " Vous ne savez pas ce que signifie ce 4m2 ? C’est la tombe, ils réduisent ces vieux travailleurs à la tombe ! Avec les crachats ciblés, près de leurs chaussures, avec les places, dans le bus, que l’on offre ostensiblement à une musulmane voilée plus jeune qu’eux. Au marché, c’est la musulmane que l’on sert d’abord, ostensiblement et l’on fait attendre les "francés", les marchands sont "arabes". Les boucheries sont presque toutes halal et les retraités doivent prendre un bus ou le métro pour s’approvisionner en viande non halal

L’école ? Les islamistes sont à la porte et font pression sur les pauvres enseignants... pas de piscine pour les filles, pas d’éducation "sexuelle " ( Nous, on a la religion on n’a pas besoin de ça , on ne parle pas de ça ) . Biologie , histoire , les enseignants craquent souvent, partagés entre la peur et le désir de "tirer" ces gosses vers l’émancipation, vers le savoir . Je le sais bien, ça se passe dans ma famille, et ça se termine par dépression et infarctus .
Alors, j’en ai assez de lire partout ( sur Marianne aussi ) la grande peur des musulmans discriminés. Alors qu’intégristes et mafieux font régner "leur" loi dans les "territoires perdus de la République). "
Mireille Popelin

Le petit jardin


J Dutronc --le petit jardin--

vendredi 22 janvier 2010

Cocus

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Benoît joue à Simplet. Benoît voudrait nous faire croire qu’Houbron et le système ont fait cocus les socialistes et leurs amis de Bihorel avec vous. Benoît feint de découvrir qu’une enquête publique « c’est une phase obligatoire, on fait semblant d’écouter les gens, on fait semblant de lire ce qu’ils écrivent » et de poursuivre «En fait, le pouvoir du maire est absolu ». Benoît le louveteau aurait donc (enfin) perdu son pucelage en politique. Fort de sa nouvelle condition et deux semaines avant le vote du PLU, Benoît va essayer « d’alerter, de faire prendre conscience aux gens ce qu’est ce document d’urbanisme et ses conséquences ». Benoît, fallait pas dormir pendant l’homélie de Saint Freluquet, sa grand messe sur le PLU dure depuis des mois. Je sais Benoît que vous lisez mon blog mais apparemment pas assez attentivement. J’ai expliqué tout cela.
Bien sûr je plaisante, car bien évidemment vous nous prenez pour des cons. « On a d’abord réellement cru qu’au sein des instances faites pour, on pourrait amender cette affaire là » (ndlr : le PLU). C’est la phrase de trop. Jusque là, Benoît, d’innocents bihorellais auraient encore pu vous accorder de la mansuétude, celle que l’on accorde aux naïfs ou aux benêts, mais cette phrase vous range dans la catégorie des politiciens cyniques jouant d’une fausse innocence pour mieux nous tromper.
Mes Chers Compatriotes l’interview de Benoît a au moins un intérêt : c’est une excellente illustration de comment faire semblant en politique d’être un opposant sans s’opposer. Cela nous montre pourquoi en France la démocratie est un marché de dupes entre le peuple et les « élites » et où la droite et le PS verrouillent le système pour mieux en profiter.
Avec Pascal Houbron et Benoît Pétel, les cocus de l’histoire c’est toujours Bihorel et les bihorellais.

mercredi 20 janvier 2010

lundi 11 janvier 2010

Un Pupille fier de sa Nation


"La droite et la gauche ont le même grossiste. C'est pour ça qu'ils vendent le même produit" se plaisait à dire Philippe Seguin.
Une simple lecture de son discours à l'assemblée Nationale du 5 mai 1992 suffit pour voir ô combien celui-ci était prophétique... Tout y est: la définition de la Nation française contre une hypothétique identité nationale définie en creux par le Traité de Maastricht, la perte de la souveraineté au profit d’une caste dirigeante et technocratique, 1992 comme l'antithèse de 1789, le mépris de la souveraineté du peuple et des droits de l'Homme.

" la vie politique d’aujourd’hui, c’est comme un match de foot où les deux équipes jouent mais où le ballon a disparu, détenu par les autres puissances, celles de l’argent qui gouvernent en cachette", commentait Philippe Seguin auprès du jeune Dupont-Aignan...

lundi 4 janvier 2010

Albert Camus

"Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse."

Albert Camus, extrait du discours de Stockholm (10 décembre 1957)