jeudi 27 septembre 2012

Gilbert et l’oeuvre civilisatrice de la Fusion

Mes chers Compatriotes, il est des matins où un simple article de presse vous fait oublier la grisaille de ces premiers jours d'automne et où la démagogie des propos relatés vous fait commencer cette nouvelle journée avec un large sourire aux lèvres. 
Il n'est pas indispensable pour cela de se procurer Charlie Hebdo ou le Canard enchainé, non, Paris Normandie peut de façon tout à fait involontaire se révéler aussi satirique que ses deux confrères, surtout lorsqu'il donne la parole à Gilbert Renard, Laure Pimont et Anne Paillard. Une rapide lecture de cet article, suffira sans doute pour que votre visage exprime le même amusement que le mien.



La fusion serait donc, si l'on en croit nos voleurs de communes, mère de toutes les vertus. "L'harmonisation des deux communes a permis la mise en œuvre d'un projet fort et innovant " déclarent sans rire nos Judas du 4 juillet 2011, saluant ainsi l’œuvre civilisatrice de la fusion à la manière d'un Jules ferry (mais quoi de plus normal pour des adjointes chargées de l'enseignement).
Passons sur le nom ridicule donné au projet en question ("midi sympa" pour faire "jeune" sans doute) et intéressons nous au fond. 
"Les enfants apprendront (....) à devenir des éco-convives, à respecter la nourriture, à connaitre le travail des agriculteurs. Savoir choisir ses aliments, ne pas les gaspiller, c'est aussi apprendre à bien manger" nous explique l'annexionniste Gilbert. 
Et oui mes chers Compatriotes, sans la fusion, nos chères petites têtes blondes seraient restées à l'état de barbares. Les écoles de Bihorel (libre) et de Bois Guillaume (indépendant) auraient été incapables d'apprendre à nos enfants qu'on ne mange pas des tomates, des haricots verts ou du raisin en hiver, que le pis des vaches n'est pas parallélépipédique comme le tétra-pack qui contient le lait, que l'on ne se nourrit pas de Nutella ni de Kinder (sinon on devient socialiste), que l'on mange assis à table en se tenant droit et en utilisant sa fourchette tout en étant courtois envers ceux avec qui l'on partage la table et le repas. Ouf, l'élite des deux communes a bien fait d'imposer la fusion à ces ignares de Bihorellais et Bois Guillaumais, les écoliers eux,  l'ont échappé belle !

Mais ne faisons pas de procès d'intention. Après tout, la mission civilisatrice de la fusion version Gilbert, c'est peut-être que l'on explique aux enfants, qu'il faut respecter les terres agricoles en ne construisant pas dessus de nouvelles rues bitumées et d'immondes immeubles (comme route de Darnétal à B.G) ou des lotissements (face au collège Léonard de Vinci) ? 
Peut être aussi veut-il, notre "anschlusseur", que l'on explique aux jeunes générations que respecter le travail des agriculteurs, c'est ne pas copiner avec la grande distribution destructrice d'exploitations agricoles depuis 40 ans et ne pas favoriser l'installation d'une nouvelle grande surface comme celle du Casino de la poste à Bihorel où l'on trouvera vraisemblablement de la bidoche "low-cost" pré-emballée d'importation et nourrie aux OGM, des haricots verts et des tomates importés d’Afrique en décembre et dès la fin janvier, des fraises "balles de tennis" venues d'Espagne ? Pour le coup, ce serait là une sacrée belle œuvre civilisatrice !

Cessons de rêver et faisons plutôt le constat suivant. La fusion contre la volonté de la population est un tel événement que ne digèrent pas nos concitoyens, que nos voleurs de communes racontent tout et surtout n'importe quoi  pour tenter d'une manière désespérée de faire passer la pilule.
Mes chers compatriotes, soyons en d'ores et déjà persuadés, si l’hiver qui s'annonce se montre clément à Bihorel et Bois Guillaume, ce sera grâce à l'harmonisation des communes.

Manu ad ferum
CD
 

dimanche 23 septembre 2012

Potache populaire: le Palmarès.


Mes chers Compatriotes, voici le palmarès tant attendu:

A l'unanimité et avec les félicitations du jury, le Gilbert d'Or a été décerné à Raymond la Science pour son affiche:



l
le Freluquet d'Argent a lui été décerné à Anglard de Saint Flour pour son affiche (1) :


Prix spécial du jury, décerné à D.M.C. pour leur excellent montage qui matérialise un souhait que nous formulons tous:



Prix du public décerné par les votants sur internet:
auteur Melle Troussecotte

enfin le prix du CRAC a été décerné à deux affiches ex-æquo:

auteur notre fidèle lecteur Fernand Naudin
auteur, le célèbre activiste Michel Coruble

Il me reste, avec les membres du CRAC,  à remercier celles et ceux d'entre vous qui ont agité leurs petites cellules grises pour créer, avec humour, ces nombreuses affiches que nous avons reçues. Toutes n'ont pas pu être récompensées mais c'est la règle d'un concours et vous pouvez continuer à les admirer dans la galerie virtuelle:

 http://www.flickr.com/photos/87425710@N08/

Enfin, merci aux votants sur internet et aux Bihorellais et Bois Guillaumais qui ont regardé avec intérêt, d'un air souvent rigolard mais parfois aussi offusqué, notre exposition hier matin sur la place de l'église de Bihorel (libre).

Place de l'église de Bihorel Libre à l'heure du marché le 22 septembre 2012
Un fait est certain: la population de nos deux communes n'a pas oublié le déni de démocratie du 4 juillet 2011.

 Mes chers Compatriotes, à bientôt pour de nouvelles aventures et Vive Bihorel Libre!

 Manu ad ferum
CD

(1) pour nos lecteurs éloignés et qui ne connaissent pas forcément tout Bihorel: "Ecole Larcin" en lieu et place de l'école Larpin.

vendredi 21 septembre 2012

Demain matin, place de l'église de Bihorel libre !

pendant toute la durée du marché !

Vous pouvez d'ores et déjà voter pour décerner le Prix du Public au concours "le NON des rues"  en effectuant votre choix parmi les plaques retenues en vous rendant à l'adresse:

http://www.flickr.com/photos/87425710@N08/

envoyez nous vos réponses à:

constantin.dragases@yahoo.fr
ou
crac2014@yahoo.fr

CD

ps: les voleurs de communes seraient passés ce soir sur la 5 dans "C dans l'air" , pour mentir comme des arracheurs de dents au sujet des "bienfaits" de la fusion. Si quelqu'un à des infos à ce sujet, les commentaires lui sont ouverts.

jeudi 20 septembre 2012

Pantalon sur les chaussures: Ayrault dégrafe la ceinture.

Je ne suis pas certain que cet humour là :

 ou celui-ci:

 
et encore moins celui là, qui si je me souviens bien, n'a pas mis le feu à toute la chrétienté ni indigné les belles âmes:


me fasse rire.

Mais, je suis un Français, c'est à dire un descendant des Solutréens, de culture gallo romaine et judéo-chrétienne avec un troisième tiers issu des Lumières. Dans la culture française, parmi tant d'autres richesses, il y a Voltaire et le chevalier François de la Barre, puis l'abolition du délit de blasphème.
Alors, comme Ivan Rioufol, je pense que Charlie Hebdo "sauve l'honneur" face à ceux qui nous gouvernent et à leur soumission. 
L'insipide J-M Ayrault, premier ministre socialiste, plutôt que de réaffirmer ce principe fondamental de la démocratie et de la république, qu'est la liberté d'expression, a préféré rappeler que cette dernière "s'exerçait sous le contrôle des tribunaux", invitant ainsi les islamistes à porter plainte contre l'hebdomadaire satirique, ce qui fut fait dès mercredi après midi. Clientélisme oblige, les quartiers "sensibles" n'ont-ils pas voté à 93% pour Normal 1er ?

Dans mon billet du vendredi 4 mai 2012, avant veille de second tour des présidentielles, parmi les (nombreuses)  raisons que j'exposais pour ne pas voter Hollande, j'affirmais qu'avec "lui président, la France aura le pantalon baissé sur les chaussures".
Jean Marc Ayrault a, ce mercredi, dégrafé la ceinture.
CD

lundi 17 septembre 2012

Casino / Poste de Bihorel (2) le Retour


Mes chers Compatriotes, vous vous en doutiez, le renoncement de Casino à s'implanter dans les locaux de la Poste de Bihorel n'était que temporaire. Le dossier refait surface ces jours-ci. Des riverains ont déjà été contactés par le cabinet d'études Korus pour effectuer des sondages à la recherche de galeries souterraines au nord du bureau de Poste. 
Le plus grand flou semble entourer ce projet même si celui-ci ne devrait pas être, dans un premier temps, très éloigné de celui qui avait fait, sous la pression de quelques commerçants et riverains, l'objet d'un refus de permis de construire au printemps dernier. 
Coté mairie, Pascal Houbron joue les candides et jure ses grands dieux qu'il n'est, bien évidemment,  au courant de rien concernant le retour du projet. Rappelons que le Freluquet travaille à la Poste et que l'implantation d'une supérette Casino à Bihorel rentre dans le cadre d'un accord national entre la marque de grande distribution et la Poste. Les riverains et commerçants doivent donc être conscients que du coté de la mairie, de la Poste, de Korus et de Casino, on ne cherchera qu'à les rouler dans la farine.
Nous soutenons ici, cela va sans dire, l'initiative des riverains qui ont demandé aux porteurs du projet et à la mairie, l'organisation d'une réunion d'informations et nous invitons les commerçants concernés à se joindre à eux. Ils peuvent aussi et je les y encourage fortement, prendre contact avec le CCVPN (comité du cadre de vie du plateau nord) en la personne de son président, M.Jean Claude Ravenel à cette adresse: ccvpn@neuf.fr

Concernant ce dossier vous pouvez consulter ici même, les différents billets des 21 et 29 mars 2012 et 2 mai 2012. Je vous remets également en ligne l'accord national Casino / la Poste ainsi qu'un document du cabinet Korus, donnant les détails du projet présenté en début d'année.
CD

liens à copier / coller dans votre navigateur:
- l'accord national Poste / Casino: 
https://dl.dropbox.com/u/55627851/CP%20Postimmo-Casino.pdf

- pour découvrir le projet concernant Bihorel:  
https://dl.dropbox.com/u/55627851/BIHOREL%20-%20VERDUN%20-%20PC%20Ind%20A.pdf

- site du cabinet d'études:    http://www.korus.fr/




Jeu de l'été / Gilbert d'Or: Rappel


Pour les derniers retardataires, date limite pour nous faire parvenir votre affiche: mardi 18 septembre à minuit !

Au vu des documents reçus à ce jour, la lutte (finale, bien sûr) entre compétiteurs s'avère dure et passionnante.

Résultats ce samedi, avec une grande exposition, place de l'église aux heures habituelles de votre marché !

Manu ad ferum
CD

mercredi 12 septembre 2012

Cocus, dès maintenant...






Le 9 septembre était sans doute le meilleur jour pour revenir. Je ne parle pas de la rentrée médiatique de Moi-Je président mais du retour de votre humble serviteur. Traverser la France par une  belle matinée ensoleillée est toujours une source d’émerveillement et ce dimanche matin, en parcourant les 640 kilomètres qui séparent  la Margeride profonde de Bihorel (libre), j’eus tout le loisir en voyant ces villages perchés sur les monts d’Auvergne, puis étendus dans la plaine de la Limagne et enfin dans le bocage bourbonnais, d’imaginer leurs clochers appelant les fidèles à l’office et leurs places de l’église, finalement si semblables à la notre, dont les boulangeries et les bistrots ne devaient pas désemplir à l’heure de la messe dominicale, de l’apéro et du tiercé. La France, je l’aime comme cela.

C’est un peu plus tard, après avoir dépassé les forêts et les étangs de Sologne, qu’en abordant la Beauce, j’ai pointé mon autoradio sur ces fréquences où experts et commentateurs nous expliquent tout et son contraire en moins de temps qu’il n’en faut pour changer de sens à ces girouettes aperçues le matin même sur nos clochers.
Ce dimanche, il n’était question que de cela. Certains allaient jusqu’à affirmer que le quinquennat de Moi-Je président, ne commençait vraiment que ce 9 septembre au soir, avec son interview sur TF1, ce qui, si l’on se réfère à l’activité gouvernementale depuis son entrée en fonction, n’était pas tout à fait faux. 

La France avait, nous a-t-on répété tout l'été, retrouvé un climat " apaisé " depuis que Pierre Arditi et Yannick Noah avaient entonné l’Internationale au soir du 6 mai dernier place de la Bastille. Un observateur étranger, qui aurait fait abstraction des chiffres du chômage et du moral des Français, aurait pu se croire de retour au temps béni de la France du regretté Président Georges Pompidou.
Les socialistes avaient bien viré quelques camps de Roms entre deux étapes du tour de France, donné un coup de pouce quelque part aux smicards entre deux médailles aux J.O, mais non, rien ne semblait pouvoir troubler un Moi-Je président parti faire le bidochon dans le Var avec ses claquettes et débardeurs achetés au Distri Center du coin, histoire d'afficher sa "normalitude". En passant tenez, dites-moi,  si vous en connaissez vous, des types qui courent après un boulot depuis des années et qui deux mois après l'avoir obtenu, partent deux semaines en congés, qui plus est payés? 
Moi-Je président avait jugé que la situation de la France et des Français dans la crise mondiale, n'était somme toute pas suffisamment préoccupante pour se mettre au travail dès l'été et que ma foi, cela pouvait bien attendre la rentrée. Peut-être avait-il aussi besoin après ces longs mois de campagne électorale et d'intense baratinage, d'un peu de temps pour trouver quelques idées et qui sait, un programme ?
C'est à ce  moment là que la courbe de popularité de Moi-Je président croisa celle de son poids et que certains dirent que ce furent cent premiers jours pour rien. D'autres ou les mêmes commençaient à regretter Sarkozy. A Chalon en Champagne, le fameux « casse-toi, pauv’con » si souvent adressé à l'ancien Président par des intellectuels de gauche disséminés dans la foule, fut même remplacé par un « casse-toi, sale flan » lancé par les mêmes intellectuels de gauche à l’adresse de Moi-Je président. Alors en ce 9 septembre, le moment de réagir était venu.
Pour une rentrée, ce fut une rentrée. Non je ne vous parle toujours pas de celle d’Hollande mais de la mienne. Moi-Je président, dans son souci de rupture affiché avec le Sarkozysme et sa volonté de changement, avait choisi pour s’exprimer, une chaine du service public (je plaisante). 
S’infliger les pubs sur TF1, puis le générique « starwar » remastérisé du 20 heures et l’apparition de la cougar liftée de service le week end sur la une, est une expérience qui vous fait  immédiatement et dans l’instant, regretter les landes aux bruyères fleuries de la Margeride ou de l’Aubrac.
Enfin au bout d’un long moment, Moi-Je président apparut. Il avait la tête des mauvais jours, même si Valérie avait pris soin de lui refaire, l’après midi même, une petite couleur capillaire. Rien qu’à l’expression de son visage, on aurait dû se douter qu’il y avait du renoncement et de la trahison dans l’air et que la débandade, cela allait être pour maintenant.
La suite vous la connaissez, comme moi. Les 50 et quelques pour cent de Français qui mirent un cierge à Moi-Je président le 6 mai dernier, vécurent en ce 9 septembre une expérience commune et instantanée: tous cocus. Je dois vous avouer, mes chers Compatriotes, que comme le cancre que je fus à l’occasion jadis, je n’ai pas pu m’empêcher de ricaner au fond de la classe.
Le changement pour maintenant était expédié  à dans deux ans minimum, enfin tout allant bien et comme tout ira mal, autant dire à la Saint-glinglin. Oui, les Français avait viré le président "bling-bling" pour élire le président " glinglin" et en lieu et place de « réinventer le rêve français » comme l’avait bonimenté ce président alors candidat, c’est une longue période de rigueur et de vaches maigres que, telle une cuillerée d’huile de foie de morue, il se proposait d’infliger à un peuple de gauche, tout aussi ébranlé que sidéré par l'annonce du François.
Pourtant à ce peuple de gauche, il lui avait expliqué que tous les malheurs du monde et du reste de l’univers, c’était la faute de Sarkozy. Alors le bon peuple tout confiant avait chassé le méchant et cru que Moi-Je président le ferait chanter et danser pendant l'éternelle été que seraient les années de gouvernement socialiste.

Le mensonge est avec le cynisme, sans doute ce que l’UMP et le PS se partagent le mieux. Alors, en ce dimanche soir, ce n’est pas tant le mensonge qui m’a dérangé. Après tout, les cocus du jour n’auraient du, simplement ne pas faire semblant d’y croire pour s’épargner pareille désillusion. Seuls les naïfs prennent encore, en ce début de 21ème siècle, pour argent comptant les bobards que leur débitent à longueur de profession de foi et de bulletins municipaux tous les baltringues professionnels du politique circus.
Le cynisme affiché par Moi-Je président, lui me procura une sensation de nausée. Avoir joué avec le désespoir de millions de Français vivant près du seuil de pauvreté, avoir créé chez eux l'espérance de voir s'éclaircir, même juste un peu, leur avenir pour les trahir une fois le pouvoir conquis, voilà une méthode qui chez moi ne suscita que mépris et dégout pour celui qui l'utilisa.

Mais le plus grave n'est pas là. Le plus inquiétant, c'est le décalage qui sépare les remèdes que le capitaine de pédalo a proposés pour résoudre la crise dans laquelle la France s'enfonce un peu plus chaque jour et la dimension de celle-ci. 
Personnellement je ne me suis jamais beaucoup bercé d'illusions concernant la capacité des socialistes à résoudre cette crise. N'a-t-il pas fallu deux mois à Moscovici, pour échouer dans une simple tentative d'encadrement des prix des carburants ? Il est alors permis de se demander, combien de quinquennats il leur faudrait pour enrayer la crise  financière et économique actuelle.
Vingt milliards d'impôts supplémentaires et dix d'économie, on avait l'impression que Moi-Je président avait découvert la pierre philosophale ! Le problème de la dette en sera-t-il  pour autant réglé ? Que nenni. Cela suffira tout juste, et encore sous réserve d'une croissance de 0.8%, à faire qu'en 2013, le déficit budgétaire de la  France n’excède pas 3%. Nous serons bien loin d'avoir sorti la tête de l'eau. 
Puis, le président "Saint GlinGlin" prenant des airs de matador (de course de vachettes), nous affirma vouloir inverser la courbe du chômage en moins d'un an. Vœu pieux et effet d'annonce, que personnellement j'ai entendu répéter par tous les gouvernements depuis 1973 et que les socialistes entendent résoudre, cette fois encore, en ressortant des tiroirs quelques vieilles mesurettes poussiéreuses de l'époque Yoyo Jospin. Emplois aidés, contrat de génération, l'inventaire dressé par Philippe Muray des emplois jeunes de Martine Aubry en 1998, va redevenir d'actualité:
 "Un bataillon d'agents de développement du patrimoine ouvre la marche, suivi presque aussitôt par un peloton d'accompagnateurs de détenus. Puis arrivent, en rangs serrés, des compagnies d'agents de gestion locative, d'agents polyvalents, d'agents d'ambiance, d'adjoints de sécurité, de coordinateurs petite enfance, d'agents d'entretien des espaces naturels, d'agents de médiation, d'aides-éducateurs en temps périscolaire, d'agents d'accueil des victimes et j'en passe. [...] Il s'agit du rassemblement imaginaire de tous les nouveaux "emplois jeunes" de Martine Aubry". 

Oui, mes chers Compatriotes, il suffisait d'avoir visionné l'excellent documentaire "Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde" (1) diffusé sur Arte, pour mesurer le gouffre, que dis-je, l'abime qui sépare la politique que se proposent de mener nos gouvernants socialistes, d'un éventuel début de solution aux problèmes de notre pays. Moi-Je président a-t-il parlé de lutte contre les paradis fiscaux ou contre les délocalisations ? D'harmonisation sociale et fiscale en Europe ? D'un protectionnisme au niveau européen ? " L'inventeur de la croissance" a-t-il rappelé son intention de renégocier le traité européen et de montrer à Angela qui portait la culotte dans le couple franco allemand ?
Non, rien de tout cela, les mesurettes avancées relèvent de l'indigence et de la paresse intellectuelle, démontrant encore un peu plus l'impuissance et le renoncement de ceux qui nous gouvernent. Qu'il semblait bien loin dimanche soir, le discours du Bourget, où le temps d'un racolage électoral, le candidat Hollande promettait de traquer "l'ennemi invisible".
Mais que les accros au changement soient rassurés. Celui ci est sur les rails et rien ne saurait l'arrêter. Pour preuve, dès le lendemain, cette harpie de Taubira, n'annonçait-elle pas la très prochaine loi qui fera faire à l'humanité un pas aussi important que celui d'Amstrong sur la lune: le mariage pour tous.
Mes chers Compatriotes, bienvenue en "sociétale" démocratie.
CD 

(1): concernant le scandale du rôle joué par Golman Sachs dans l'affaire du maquillage des comptes de la Grèce, si la presse française fut à l'époque au courant, il est à noter que cela fit dans nos médias bien moins de bruit qu'une histoire comme le tweet de Valérie Trierweiler. Tous complices ?


dimanche 2 septembre 2012

"Les Ponce Pilate du Conseil constitutionnel" par Marie-France Garaud



Les membres du Conseil constitutionnel, consultés par le président François Hollande, n’ont pas jugé nécessaire d’insérer dans la Constitution française une clause permettant la ratification du «traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire» et nous revient tristement à l’esprit une cruelle phrase de François Mitterrand : «Les membres du Conseil ? On les dit serviles, mais ils ne sont qu’obéissants !»Conçu à l’initiative de l’Allemagne, ce texte a été signé par Nicolas Sarkozy avant l’élection présidentielle sous la seule invocation, inlassablement répétée, d’une vertueuse «règle d’or» propre à nous protéger de coupables dérives financières. Rares furent donc les hommes et femmes politiques assez lucides, libres et courageux pour dénoncer, au cours de la campagne présidentielle, les mécanismes vicieux d’un texte resté quasi secret.
François Hollande, candidat, avait cependant marqué très vite et sans hésitation apparente sa volonté de renégocier ce traité castrateur : l’espoir renaissait, on allait voir ce que l’on allait voir ! On a vu. Mme Merkel accepta du bout des lèvres quelques dispositions en faveur de la croissance, mais de renégociation, point. Puis elle partit à Bayreuth écouter Wagner. On espérait d’identiques atermoiements chez nos dirigeants puisque, chacun le sait, l’élection présidentielle américaine tend à mettre l’avenir en suspens. Mais non, François Hollande saisit sans trop attendre le Conseil constitutionnel… et les membres de cette assemblée viennent de décider, sans barguigner semble-t-il, de jouer les Ponce Pilate. Leur décision constate juste que le traité sur lequel ils sont consultés «ne comportant aucune clause contraire à la Constitution», ils ne jugent pas nécessaire de modifier celle-ci préalablement au vote, par le Parlement, d’une loi en autorisant la ratification.
Or, il s’agit bien d’un traité contraire à la Constitution puisque, en l’état des textes en vigueur, celle-ci ne permet la participation de la République à l’Union européenne qu’«en vertu du traité sur l’Union européenne et du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne tels qu’ils résultent du traité signé à Lisbonne le 13 décembre 2007». Si tel était le cas, un nouveau traité n’aurait évidemment pas été nécessaire. Or il l’est, et d’abord pour le repos du gouvernement allemand, en raison des obstacles quasi insurmontables posés par la combinaison des multiples impératifs financiers ou économiques encadrant les gouvernements des pays concernés.
Il ne s’agit pas seulement de questions de forme ou de commodités de procédure, mais d’un réseau de contraintes directes et indirectes dépossédant les parlements nationaux (si l’on ose encore les nommer ainsi) des compétences budgétaires et financières qui constituent le centre de leurs attributions. La finalité non dite étant de limiter étroitement la charge éventuelle d’un soutien minimal dû aux Etats les plus faibles par les plus prospères. Le cœur du traité atteint bien plus profondément la souveraineté du peuple français et le fonctionnement de la République que l’adoption d’une simple règle d’or. Non seulement il détermine pour les Etats membres des exigences rigoureuses d’équilibre budgétaire dans les conditions fixées par la Commission européenne, mais il en enserre l’application dans des mécanismes de correction automatiques fixés par la Commission. Pire, il organise un contrôle étroit des parties contractantes par la Cour de justice européenne, laquelle peut être saisie soit par une action spontanée de la Commission, soit par une saisine de celle-ci à la requête d’une ou plusieurs parties contractantes, soit même par une saisine directe de l’une d’entre elles.
Ce n’est plus une incitation à la vertu, c’est une ceinture de chasteté faite de contraintes rigides et aliénantes qui n’existent sans doute dans aucun Etat fédéral. Elles sont proprement inacceptables. Les citoyens le savent, ils le sentent, ils ne veulent pas des contraintes dont ils ne perçoivent aucunement la finalité, mais ils constatent en même temps que, lors des choix déterminant leur destin, toute expression de «leur» souveraineté leur est interdite.
Le référendum de 2005 a marqué un tournant dans l’exigence d’une expression populaire directe dont la frustration ultérieure sera de plus en plus profondément ressentie. Jacques Chirac, qui respectait le peuple, s’était engagé à lui soumettre par référendum la ratification du traité de Lisbonne portant «Constitution pour l’Europe». Il tint parole et ce traité calamiteux fut repoussé par 55% des électeurs… alors que la révision avait été approuvée par 92% des députés ! La méfiance qu’inspirent au peuple les politiciens et les incertitudes d’élus caporalisés proviennent aussi de cette humiliante claque. N’évoquons pas, par charité, le détestable «manquement aux obligations de sa charge» commis par Nicolas Sarkozy qui osa faire voter à nouveau, en 2007, les élus du peuple souverain à l’encontre de la décision prise par celui-ci deux ans plus tôt. Ni le déshonneur des élus qui, oubliant leurs anciens engagements, se sont soumis à cette injonction. Les élus ne sont jamais que des mandataires. «La souveraineté appartient au peuple et nul ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.» Tel n’est pas le cas des partis. Lorsque les citoyens élisent leurs députés, ils ne votent pas pour un ou des «partis», ils votent pour un homme chargé de participer à la construction de la communauté nationale en fonction de leurs vœux, d’en porter l’expression et non de l’étouffer. Se rendent-ils compte, ces élus, lorsqu’ils privilégient une sacro-sainte unité des partis - d’ailleurs fictive - à l’expression des convictions de leurs mandants, qu’ils marquent une sujétion et amputent le rapport politique entre le pouvoir et le peuple qui fonde la démocratie ?

Marie-France Garaud