jeudi 27 octobre 2016

à Emilienne





Elle est là debout près du piano
On la dirait toute petite fragile
Elle sourit la tête penchée  
Elle pose là, toute seule dans la lumière du projecteur à la fois timide et heureuse
Elle est bien coiffée avec soin comme toujours
Coquetterie de vieille dame en tailleur démodé
Le sourire est très doux mais le regard vif montre une belle assurance
Sourit-elle aux applaudissements ? Non  le théâtre est vide
Elle est là sur la scène,   
Le concours est fini les élèves sont partis
Restent les notes en suspension dans  la poussière qui danse
La poussière le parquet l’eau de violette
Léger tap tap ,  des pas  d’une enfant chaussée de nu-pieds blancs 
Qui avance doucement timidement vers le piano
La fillette  est appliquée elle joue par cœur 
Sa main ressemble à un papillon qui volète sur le clavier
D’où s’échappent des phrases légères comme les doigts d’une petite fille en robe à volants
Elle joue par cœur, sérieuse comme l’étaient les petites filles qui savaient sur le bout des doigts rosa rosae rosam et jouaient du piano chez une vieille demoiselle en chemisier rose dont la maison l’hiver sentait l’eucalyptus 
L’élève doit jouer un peu trop vite, la vieille demoiselle avec un demi-sourire bat le rythme de sa main ouverte comme pour retenir, calmer la musique
Elle veille sur son élève, ombre tutélaire sévère mais juste du professeur d’autrefois          
J’ai aimé un temps les ardoises mouillées et le parfum lourd des roses
Après la pluie dans l’air moite des soirs d’été
Quand la sonatine de Ravel ruisselait par les fenêtres d’Émilienne en myriades de gouttelettes irisées
Comme un arc en ciel au dessus des fontaines 

Bihorel octobre 2016 (Billet invitée) 


 

lundi 24 octobre 2016

Le réel est-il encore fréquentable ?



Mes chers Compatriotes, au quotidien la réalité nous montre que certains ont eu raison bien avant d'autres. Si à l'orée des années quatre vingt dix, nous avions écouté le discours et les avertissements sur l'immigration d'un Jean-Marie Le Pen, nous ne serions certainement pas aujourd'hui dans cette situation de (pré) - guerre civile. 
Oui mais voilà, un tel discours vous rendait infréquentable et aujourd'hui encore la gauche et une certaine "droite" maintiennent les pestiférés au delà d'un cordon sanitaire qu'ils dénomment "valeurs de la république".
Bus incendiés, policiers attaqués aux cocktails Molotov, attentats et tueries de masse, décapitations, égorgements, femme interprète accompagnant des journalistes violée (France 5 / Calais), délinquance en tout genre, prisons surpeuplées, niqabs, burkinis, prolifération des mosquées, j'en passe et des pires. 
Qu'arrive-t-il donc à la réalité se demandent toutes étonnées, les belles âmes réunies de la gauche et de la droite mollassonne ? Voilà que le réel colle aux idées du Front National...
Et oui, mes chers Compatriotes, le réel devrait avoir honte !

CD

lundi 17 octobre 2016

François Hollande, bienvenu dans la fachosphère !




par Benoit Rayski, Causeur, 17 octobre 2016
La fachosphère est un espace singulier. Contrairement à la nation dessinée par ceux qui l’aiment, cette contrée peu recommandable est dessinée par ceux qui la détestent. Ses frontières sont mouvantes au gré des ressentiments de Libération, du Monde, des Inrocks, du PS, de l’Elysée, de SOS Racisme, du MRAP et de la LDH. Ils ont assigné à résidence des individus comme Eric Zemmour, Nicolas Sarkozy, Michel Houellebecq, Marine Le Pen, Marcel Gauchet, Alain Finkielkraut, Elisabeth Lévy, Malika Sorel, Michèle Tribalat… C’est l’enfer. C’est pourquoi on y trouve plein de jolies filles car elles pèchent beaucoup plus que les moches. L’enfer a du bon.

Depuis son élection en 2012, François Hollande donnait le « la » au requiem accompagnant les réprouvés condamnés à habiter la fachosphère. Le padamalgam, les heures les plus sombres de notre histoire, l’apport généreux et bénéfique de l’immigration à la richesse spirituelle de la France, l’islam de France si beau et si doux : tout cela procédait de lui. C’était niais et consternant. Mais Hollande en parlait avec une telle émotion que cette profession de foi semblait sincère. Et puis un jour, son règne finissant, le président de la République en a eu marre qu’on le prenne pour un idiot bien-pensant. Et dans un livre de confidences, Un président ne devrait pas dire ça…  il a brûlé ce qu’il avait adoré et abjuré cinq ans de nigauderies destinées à émouvoir les paroissiennes de gauche. On lit Hollande et on se pince. « Si les gens basculent, ce n’est pas parce qu’ils ont perdu 3 % de pouvoir d’achat – qu’ils n’ont pas perdu d’ailleurs ! – ou parce qu’ils sont chômeurs. Il y a des choses qui les taraudent, ils arrivent dans un train, ils voient des barbus, des gens qui lisent le Coran, des femmes voilées. »

Hollande contre l’immigration massive

Vous en voulez encore ? A propos de Nadine Morano : « Je suis convaincu que, quand on interroge des Français, ils sont majoritairement sur sa position (…) ils pensent : “On est plutôt des Blancs, il y a plus de Blancs que d’autres.” » L’équipe de France de football ? « Elle est marquée par une communautarisation, une ethnicisation. »

Allez, on en reprend encore. Car, contrairement à l’alcool, l’abus de Hollande, de ce Hollande-là, n’est pas dangereux pour la santé. L’islam : « Qu’il y ait un problème avec l’islam, c’est vrai. Nul n’en doute. » Le voile ? « Un asservissement. » Les migrants ? « On ne peut pas continuer à avoir des migrants qui arrivent sans contrôle. »

Maintenant on s’arrête pour ne pas lasser les lecteurs. Car ça ressemble trop à ce qu’on peut lire dans Causeur. Donc le Hollande nouveau est arrivé : un cru exceptionnel. Imaginez un souverain pontife proclamant urbi et orbi que Dieu n’existe pas… une supérieure des carmélites montrant sa guêpière dans une vidéo sexy… le calife de Daesh révélant qu’il est en réalité juif… une racaille de banlieue déclarant son amour pour les flics et les pompiers… et vous aurez une idée du séisme provoqué à gauche par ces propos, incongrus dans la bouche du président de la République.

De ce côté-là de l’échiquier politique, on serait tenté, pour se consoler, de penser que François Hollande est possédé. Des séances d’exorcisme s’imposeraient alors. Satan (Zemmour, Finkielkraut, etc.), sors de ce corps ! Mais nous nous refusons à toute compassion pour les tourments de Cambadélis et de Valls. C’est pourquoi nous privilégions l’hypothèse libératrice d’un Hollande débarrassé de l’étouffante tunique rose qu’il a portée depuis 2012. Il est enfin libre, le Hollande ! Bientôt, il ne sera plus président de la République ! Et il ne sera pas non plus le prochain président de la République ! 
Alors pourquoi se gêner… Vive le Hollande libre ! Vive le Hollande qui a fait acte de contrition pour nous avoir menti si longtemps et qui nous promet des moments jouissifs jusqu’en mai 2017.



vendredi 14 octobre 2016

vendredi, c'est Poisson !


"L'identité chrétienne de la France doit être mise en avant. Les Français ne veulent pas d'un pays multiculturel" . 
Jean-Frédéric Poisson, débat des primaires de la "droite molle et des Chamallows". 12 octobre 2016.

Les autres ? ... rien !

Des experts-comptables, querelles de chiffres à coups de milliards (moi 50 milliards d'économies, moi 100 !), de pourcentages de déficit (moi -0,5 %, moi l'équilibre !). Fonctionnaires traités comme du bétail (j'en supprimerai 100.000, eh bien moi 500.000 !). Bref la foire à "qui dit mieux", il manquait juste un commissaire-priseur pour encadrer les enchères.

Des recettes contre le chômage datant des années soixante-dix (baisse des charges, formation...). Rien sur les travailleurs détachés, sur l'harmonisation fiscale et sociale européenne. Rien sur l'Uberisation de l'économie.

Financement des retraites ? Tous la même idée: le recul de l'âge du départ.  Moi 64 en 2020, moi 65 en 2023, moi 67 en 2030...Mais pas une idée sur le changement de l'assiette servant à les financer. 

Le désert intellectuel.
CD